Vaincre la peur de créer

Il s’agit ici de mon premier article jamais écrit, publié sur mon premier blog le 19 juin 2016. Je me suis dit que je le partagerais une nouvelle fois, car il a toujours du sens pour moi et j’espère que pour certains d’entre vous également.

Il y a un seul moyen de ne jamais échouer : ne jamais essayer. Parallèlement, c’est également le meilleur moyen de ne jamais rien réussir.

Plus jeune, j’ai longtemps dû me battre contre une anxiété très persistante. Les exemples sont nombreux. Jeune garçon, je refusais parfois d’aller au parc, ayant peur des autres enfants. Jusqu’à approximativement la fin de ma scolarité obligatoire, j’appréhendais chaque journée, la boule au ventre tous les matins sans raison apparente. Quand je faisais des agrès, je prétextais parfois être malade pour rater des entraînements. Je n’ai pas toujours compris la raison de ces angoisses, mais je crois discerner aujourd’hui qu’une grande partie de ce stress était la conséquence d’une peur panique de ne pas être à la hauteur.

En tant qu’êtres humains, nous avons tendance à tirer des vérités des événements que nous subissons et ainsi, involontairement, nous laissons les circonstances définir notre identité. Dans mon cas, la vie m’avait très vite appris que je n’étais ni beau, ni populaire, ni particulièrement doué et qu’il me fallait performer et atteindre certains standards pour être digne d’affection, de respect et avoir de la valeur. Je me suis donc longtemps caché derrière des masques tant j’avais, pour le dire simplement, peur d’être nul.

Vous arrivez peut-être au moment où vous cherchez la raison pour laquelle cette histoire se retrouve sur un blog de style. Voici la réponse.

J’ai aujourd’hui 20 ans et je suis heureux de pouvoir dire que cette anxiété chronique est derrière moi. Je sais désormais qui je suis et j’ai confiance en moi (au point de pouvoir raconter sans honte cette histoire). Pourtant, parfois, je me surprends à me retrouver sujet à ce même stress et à me laisser intimider par la peur de faire faux.

J’ai constaté que parmi les domaines où cela peut m’arriver, la créativité occupe une place d’honneur. Quand je crée quelque chose, que ce soit en publiant des photos sur instagram, en écrivant, en habillant quelqu’un (ou moi-même), en préparant une prise de parole en public ou simplement en pensant à un projet qui me tient à cœur, je ressens souvent deux choses. La première est la joie. La joie de laisser mon cœur s’exprimer. La joie de faire quelque chose qui me fait me sentir vivant. Cependant, en même temps, je discerne cette fameuse peur qui essaie, plus ou moins fortement, de me murmurer ces questions à l’oreille: “et si tu échoues ? Et si tu n’intéressais personne ? Est-ce que tu es sûr que c’est suffisamment bien?” Je dois malheureusement avouer que j’ai plusieurs fois cédé et laissé tomber, remis à plus tard ou me suis justifié alors que je présentais le résultat, afin d’être certain de ne pas perdre la face.

Et bien mon but d’aujourd’hui, avec cet article, est de proposer deux clés pour surmonter ce “blocage créatif”, si vous le vivez également.

La première est de vous rappeler qui vous êtes. De vous poser la question: “et si je me rate, qu’est-ce que ça change?”. En tant que chrétien, je crois que mon identité est définie par Dieu, car il est mon créateur, qu’il sait de quoi je suis fait et qu’il a fixé une fois pour toutes ma valeur en acceptant d’être cloué sur une croix pour moi.

Je me rends bien compte que ces paroles ne parleront pas à tout le monde, cela n’a pas toujours eu de sens pour moi non plus. Alors je reformulerai en ces termes: sachez que vous avez une valeur inestimable qui n’est définie ni par vos réussites, ni par vos échecs.
Certes, il est parfois nécessaire de se perfectionner en secret avant de partager en public, mais plus nous serons convaincus de ne rien avoir à prouver, plus nous oserons créer pour exprimer, et non pour impressionner. Nous sommes bien plus que nos performances ! Ça n’a pas besoin d’être parfait, ça a juste besoin d’être nous. Osons croire qu’il est suffisant de faire de notre mieux ! Poursuivons l’excellence, dépassons-nous constamment, repoussons sans cesse nos limites mais ne nous laissons pas asservir par le perfectionnisme.

La seconde astuce que je désire suggérer est qu’il suffit parfois, pour surmonter un blocage, de faire ce qui semble si incertain, délicat ou effrayant. Cela peut paraître évident, nous avons sans doute appris dès notre plus jeune âge qu’il fallait affronter nos peurs. J’ai malheureusement un nombre conséquent de bonnes idées qui n’ont jamais vu le jour à mon actif pour me prouver qu’il n’est parfois pas si simple de se jeter à l’eau. Une pensée qui m’aide à avancer dans mes désirs est qu’il n’est pas forcément nécessaire de connaître le plan détaillé des cinq prochaines années pour commencer. Un petit pas incertain et chancelant dans la bonne direction couvre infiniment plus de distance que de ne pas bouger du tout. Il faut bien débuter quelque part et cet endroit pourrait bien être où je suis maintenant. Je ne nie évidemment aucunement qu’une planification de qualité soit utile, je ne désire pas me précipiter tête baissée dans un mur, mais il est nécessaire d’apprendre à discerner la sagesse de la peur. Soyons à la fois avisés et audacieux, ces qualités ne sont pas ennemies.

Alors aujourd’hui je souhaite proposer un défi à ceux qui se reconnaissent dans ma situation. Faisons maintenant un pas vers nos rêves. Que ce soit de peindre, de dessiner, d’écrire, d’être un meilleur sportif, de mener une vie plus saine, de renoncer à une addiction, de jouer d’un instrument, de faire du graphisme ou quoi que ce soit d’autre (qui ne soit pas malsain bien sûr), c’est le moment de faire un geste concret dans cette direction.

Vous aurez peut-être compris que cet article, c’est à moi-même que je le destine avant tout. Il serait donc bien hypocrite de ma part de lancer un défi que je ne relèverais pas. Voici donc mon pas concret: je m’engage à ouvrir le blog dont je rêve et pour lequel j’attends depuis trop longtemps un moment opportun qui ne viendra jamais si je ne le crée moi-même. Je m’engage également à ne pas déchirer mes feuilles comme je l’ai si souvent fait et à ce que ce texte devienne mon premier post.

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